Nom

Hermès, Erich

Auteur·e et année de rédaction
Valérie Sauterel 2015; Laetitia Fleury 2025
Lieux avec objets
Données biographiques

La carrière artistique de Paul Kurt Erich (Éric) Hermès, né le 18 janvier 1881 à Ludwigshfen en Allemagne, s’étend sur plus de soixante ans. Celui-ci arrive à Genève avec sa famille en 1885. Dès l’âge de quinze ans, il débute son apprentissage de peintre-décorateur à Lausanne (1896-1899). Il poursuit ensuite sa formation en rejoignant en 1899 l’école des Beaux-Arts de Genève où il gagne plusieurs prix, dont la bourse Lissignol – durant trois années consécutives – qui lui permet de partir à Paris, Munich, puis en Italie. C'est finalement en 1907 qu'il revient s'installer à Genève et que sa carrière artistique débute. Hermès montre alors une grande diversité dans ses techniques, ses compositions, ses médiums et ses intérêts car sa "devise en art est de s'intéresser à tout, et principalement aux nouveautés" (Clerc, 2021, p. 17). Ainsi, on observe dans son oeuvre trois périodes principales (Marquis, Dumaret, 2009, p. 173).

La première s’étend jusque dans les années 1935 et se caractérise par une prédominance de la peinture monumentale et de la sculpture décorative intégrées à l’architecture (Marquis, Dumaret, 2009, p. 173). Cette période commence par des commandes dans le domaine public, principalement pour des peintures murales. Durant la Première Guerre mondiale, il s'installe en Valais avec sa famille et se tourne vers l'art religieux avec le décor de la chapelle Sainte-Marguerite de Vérossaz, comportant des reliefs sculptés, des peintures murales et des vitraux (1916-1917). Il s'agit de sa première expérience dans le domaine de l'art religieux, qui prend par la suite une part fondamentale dans sa carrière. En effet, il retourne à Genève en 1920 et sa production artistique y est dès lors marquée par une volonté de participer au renouveau de l’art sacré protestant (Cholakian, 2014, pp. 20–25). Cette ambition trouve son apogée dans la conception et la réalisation de plusieurs décors pour le temple de Carouge (GE), de 1921 à 1930. Il commence par une peinture murale située dans le choeur et représentant la Nativité, dans laquelle toutes les figures sont des personnalités reconnaissables (Clerc, 2021, pp. 169-170). En 1923, il est à nouveau engagé pour la conception de l’ensemble des vitraux du temple, en collaboration avec l’atelier Wasem de Veyrier (voir par exemple : GE_05.01 ; GE_05.02 ; GE_05.03). Il s'attelle ensuite à la création d'une peinture à l'huile représentant la parabole du Bon Samaritain, placée sous la tribune des orgues. Finalement, il orne la voûte entre 1926 et 1930, pour lui donner l'aspect d'un ciel bleu étoilé ainsi que les murs latéraux avec deux registres d'anges musiciens, le tétramorphe et divers personnages vétérotestamentaires (Clerc, 2021, p. 171). Dans le Dictionnaire Carougeois (tome IVB), il est présenté comme un peintre "symboliste et allégorique nourri des leçons de Hodler, Erich Hermès, a réalisé au temple de Carouge l'oeuvre de sa vie, mais aussi un ensemble unique en Suisse romande" (Marquis, Dumaret, 2009, p. 174).
Après Carouge, Hermès poursuit notamment son parcours dans le domaine du vitrail par la participation au concours de 1923 pour la production des vitraux du temple de la Madeleine (GE), pour lequel il obtient la deuxième place. Il réalise des vitraux pour une villa à Versoix (1927), au temple de Saint Jean (GE) en 1933 (voir par exemple : GE_29.01 ou GE_29.02).

Sa deuxième phase (1930-1950) montre une diminution de ses activités dans l’art monumental et religieux. L’artiste se consacre au graphisme et plus précisément à des commandes dans le domaine de l’affiche touristique, genre qu’il contribue à renouveler par son style (Marquis, Dumaret, 2009, p. 173).

Finalement, dès les années 1950, il se dédie principalement à la peinture de chevalet consacrée aux paysages et aux portraits (Marquis, Dumaret, 2009, p. 173).

Bibliographie

Cholakian Lombard, L. D. (2014). Eric Hermès (1881-1971), l’oeuvre décoratif. Université de Genève.

Clerc, P., Güdel, N. M., Aubert, L., & Hermès, E. (2021). Erich Hermès : messager des arts. Editions Notari.

Marquis, J.-M., & Dumaret, I. (2009). Arts à Carouge : peintres, sculpteurs et graveurs. Ville de Carouge.

Proposition de citation
Sauterel, V., & Fleury, L. (actualisé) (2025). Hermès, Erich. Dans Vitrosearch. Consulté le 17 février 2026 de https://vitrosearch.ch/persons/2507543.