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KF_838: Saint Philippe (ensemble du vitrail)
(FR_Romont_VCR_KF_838)

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Title

Saint Philippe (ensemble du vitrail)

Type of Object
Artist / Producer
Dating
1942

Iconography

Description

Première scène depuis le haut : Jésus debout à droite lève son bras droit devant Philippe qui lui présente un plat de pains. Il l’éprouve, lui demandant si ces pains seront suffisants pour la foule amassée autour d’eux. En bas à droite un enfant tire sur le vêtement du Christ alors qu’une femme assise entre les deux hommes semble souffrir. Deux hommes à droite et à gauche regardent la scène. Deuxième scène depuis le haut : Jésus présenté de profil au centre, assis sur un âne, avance devant une foule portant des palmes. Philippe, debout derrière le Christ, le pointe du doigt, tandis que celui-ci bénit de la main la tête d’un homme s’inclinant devant lui à gauche. Troisième scène depuis le haut : Philippe, debout au centre, arrête d’un geste un dragon, en bas à droite, terrorisant deux hommes. A gauche un pontife coiffé d’une mitre portant les mains à son visage en signe de frayeur et à droite son fils, tenant un flambeau éteint. Quatrième scène depuis le haut : Philippe, attaché sur une croix, se fait lapider par trois hommes tenant des pierres. Deux sont debout de chaque côté du saint alors que le troisième est agenouillé devant lui. Le nom du saint est inscrit dans un cartouche au bas de la composition. Les codes correspondant aux couleurs des verres sont indiqués sur le carton ainsi que des indications concernant les nuances des teintes.

Iconclass Code
73C612 · multiplication of loaves and fishes for a multitude of four or five thousand people (Matthew 14:13-21, 15:32-39; Mark 6:32-44, 8:1-10; Luke 9:10-17; John 6:1-14)
73D14 · entry into Jerusalem: people spreading their clothes before Christ on the ass, and waving palm branches (Matthew 21:1-11, 21:14-16; Mark 11:1-11; Luke 19:28-40; John 12:12-19)
73F261 · story of the banishment of a dragon out of the temple of Mars
73F2642 · while hanging on the cross Philip is stoned
Iconclass Keywords
Inscription

S PHILIPPUS (en bas) PHILIPUS (au verso en haut au centre) PHILIPUS (au verso en bas au centre)

Signature

castella 1942 (en bas au centre)

Technique / State

State of Conservation and Restorations

Bords légèrement abîmés avec déchirures réparées au scotch, plis, taches, trous de punaises, craquelures

Technique

Aquarelle, gouache, crayon, fusain

History

Research

Ce carton en noir et blanc à l’échelle 1:1 est le projet définitif pour l’ensemble du sixième vitrail de droite de la nef de l’église Saint-Pierre de Fribourg consacré à saint Philippe. Alors que les deux premières scènes sont tirées de l’évangile de Jean (Jn 6:1-13 et 12:12-25) les deux autres se réfèrent à la Légende dorée de Jacques de Voragine (Voragine, 1902, p. 34). Cette verrière est financée par une famille aux armoiries non identifiées (Arnaud et Pajor, 2008, p. 57). Les seize vitraux de la nef sont l’oeuvre de l’artiste Jean-Edouard de Castella et l’atelier fribourgeois A. Kirsch & Cie. Ce vitrail est signé en bas au centre : “castella 1942”. L’église Saint-Pierre de Fribourg représente l’un des chantiers les plus importants pour le renouveau de l’art sacré dans le canton de Fribourg. Elle est construite entre 1928 et 1931 par l’architecte romontois Fernand Dumas, architecte phare du groupe de Saint-Luc, gagnant d’un concours lancé en 1924 (Lauper, 2008a, p. 12, 19). Le 27 mai 1931, un concours est lancé pour la décoration de l’édifice, véritable entreprise qui rassemble un grand nombre d’artistes et dont l’achèvement prendra plus de vingt ans (Lauper, 2008b, p. 27). Participent à ce concours plusieurs membres du Groupe de Saint-Luc, dont Gino Severini, et plusieurs artistes fribourgeois affiliés à la SPAS (Rudaz, 2008a, p. 32-33). C’est Gino Severini qui est choisi pour la décoration générale de l’édifice, mais dès le début, la collaboration avec la paroisse est difficile, et celle-ci cherche à limiter son mandat. Severini aurait voulu que ce soit Alexandre Cingria qui réalise les vitraux, mais les maquettes que ce dernier présente en 1934 pour la mosaïque du retable déplaisent, et l’on confie à Jean-Edouard de Castella le grand cycle des verrières de la nef, le Conseil de paroisse invoquant le manque de ressources et la promesse de dons liées au choix d’un artiste local. En effet, fin 1938, Castella avait proposé avec l’atelier Kirsch et Fleckner d’offrir un vitrail (Castella et Kirsch, 1938), alors qu’un second le serait par la parenté de l’artiste (Castella, 1938). Gaston Thévoz avait souhaité envoyer à la paroisse des croquis et un devis pour ces fenêtres et avait également offert un vitrail (Thévoz, 1938) mais sa proposition arrivait trop tard. Severini, qui déplore le choix de Castella – quazorze ans plus tôt il n’avait pas hésité à critiquer les qualités artistiques du fribourgeois à Semsales (Radin, 2011, p. 31-33) – demande à ce que seulement deux vitraux offerts lui soient confiés, situés dans la tribune (qui se voient le moins). Mais Castella a déjà défini l’ensemble du programme iconographique et profite de la guerre et de l’absence de Severini pour concrétiser l’ensemble des verrières (Rudaz, 2008b, p. 39-42). Bien que l’on ne connaisse pas l’auteur du programme iconographique, les seize verrières de la nef dépeignent la vie des apôtres et des évangélistes en soixante-quatre scènes tirées des Actes des apôtres et de la Légende dorée mais il a été question d’autres sujets avant cette décision définitive (Castella, 1939). Castella opte pour une représentation en cycle narratifs à lecture descendante. A la manière d’une bande dessinée, il superpose les scènes sans bordure et découpe les silhouettes sur fond sombre. Il choisit pour les trois premières fenêtres des couleurs primaires puis enrichit sa polychromie et se libère des conventions comme en témoignent les variations de chairs entre les panneaux. L’ensemble s’harmonise avec la sobriété des teintes de la nef. L’artiste réalise les vitraux en quatre étapes, de 1941 à 1945 qui dépendent des dons reçus par la paroisse. La dépense totale des vitraux se monte à 40’000 francs, couverte par différents bienfaiteurs (personnalités et familles locales) dont les armoiries se retrouvent au bas des vitraux (Arnaud et Pajor, 2008, p. 59-61). Ce carton pour la verrière consacrée à Philippe fait partie des quatre vitraux réalisés en 1942. Le 8 juin 1941, l’atelier A. Kirsch & Cie et Castella, envoient au conseil de paroisse un devis pour cette série qui se monte à 3’500.- par vitrail et qui comprend l’ensemble du travail allant des croquis de Castella jusqu’à la pose de chaque fenêtre (Castella et Kirsch, 1941). Pour ces nouvelles fenêtres, l’artiste et les verriers obtiennent une convention en début d’année (Castella, 1942a, 5 janvier) mais “souhaitent qu’on leur octroie la garantie de réaliser l’ensemble de seize verrières. Ils expliquent que, durant les mois de collaboration étroite, ils ont fait venir de fabriques étrangères des quantités assez considérables de feuilles de verre de nuances exigées par les cartons et ont travaillé en parfait accord en vue de la qualité de l’oeuvre. Ils ont beaucoup appris ensemble et les expériences acquises sur la luminosité, la patine et l’optique relative à la distance ont permis de garantir une unité d’ensemble égale. Risquer de vouloir modifier celle-ci en milieu de travail serait dommageable pour l’oeuvre” (Castella, 1942b, 7 janvier). La correspondance ne dit pas si ils ont obtenu cette garantie mais l’histoire nous confirme qu’ils ont réalisé conjointement l’ensemble des verrières de la nef. Dans les premiers jours de 1942, l’artiste annonce au président de paroisse Corpataux, que “le travail est bien avancé et saisit l’occasion pour lui dire combien il lui est reconnaissant d’avoir contribué de façon si effective à lui procurer un pareil travail qui est passionnant et qui est toute sa vie” (Castella, 1942a, 5 janvier). A fin décembre, il lui annonce que “les quatre verrières sont terminées et qu’elles seront posées après la fête des Rois. Il lui dit avoir spécialement soigné les coloris profitant de l’expérience de la pose des premiers” (Castella, 1942c, 30 décembre). Ce second groupe de vitraux est à nouveau très bien accueilli et “confirme l’excellente impression produite par les premiers vitraux. L’artiste sert la cause de l’art sacré dans le domaine du vitrail avec une conviction profondément religieuse. Aussi, ses vitraux trouvent un accueil favorable parmi les connaisseurs et l’admiration se généralise de plus en plus parmi les fidèles.” (La Liberté, 1943). Cette réalisation à Saint-Pierre marque, avec le cycle pour la chapelle Notre-Dame de la Paix à l’église Sainte-Thérèse de Genève (GE_84.22, GE_84.23, GE_84.24, GE_84.25, GE_84.26, GE_84.27, GE_84.28), réalisé en 1946-1947, l’apogée dans la carrière du peintre verrier. C’est non seulement l’une de ses réalisations les plus considérable du point de vue du nombre de verrières mais c’est surtout une vraie réussite artistique, Castella ayant su allier avec beaucoup de finesse un trait fin, souvent réduit à l’essentiel, à un colori très subtil où les teintes se juxtaposent dans une variation infinie de tons et en même temps dans des contrastes forts permettant une mise en lumière des éléments essentiels de chaque scène. En 1949, il part à nouveau pour l’Australie et fait, à cette occasion, une exposition d’adieu dans son atelier fribourgeois. Il revient en 1962, seulement quatre ans avant son décès (Arnaud et Pajor, 2008. p. 56-57).

Dating
1942
Date of Receipt
23.12.1991
Donator / Vendor

Donation privée

Owner

Vitrocentre Romont

Previous Owner

Collection privée

Bibliography and Sources

Literature

Arnaud, F. et Pajor, F. (2008). Couleurs et lumières, de Melbourne à Fribourg. Dans Service des biens culturels (dir.). L’église Saint-Pierre à Fribourg (Patrimoine fribourgeois, no. 18, p. 54-62). Fribourg : Service des Biens culturels.

Castella, J.-E. (1938 1er décembre). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Castella, J.-E. (1939, 17 mars). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Castella, J.-E. (1942a, 5 janvier). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Castella, J.-E. (1942b, 7 janvier). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Castella, J.-E. (1942c, 30 décembre). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Castella, J.-E. et Kirsch, V. (1938, 30 novembre). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Castella, J.-E. et Kirsch, A. (1941, 8 juin). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Fribourg. Les vitraux de Saint-Pierre. (1943, 19 janvier). La Liberté. p. 6. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Lauper, A. (2012). Gambach. Dans Société d’histoire de l’art en Suisse (dir.), Guide artistique de la Suisse (tome 4b, p. 76-80). Berne, Suisse : Société d’histoire de l’art en Suisse.

Lauper, A. (2008a). La leçon de Romont. Dans Service des biens culturels (dir.). L’église Saint-Pierre à Fribourg (Patrimoine fribourgeois, no. 18, p. 10-22). Fribourg : Service des Biens culturels.

Lauper, A. (2008b). Une architecture simple et forte. Dans Service des biens culturels (dir.). L’église Saint-Pierre à Fribourg (Patrimoine fribourgeois, no. 18, p. 23-29). Fribourg : Service des Biens culturels.

Radin, G. (ed.). (2011). Correspondance Gino Severini Jacques Maritain (1923 – 1966). Florence, Italie : Leo S. Olschki.

Rudaz, P. (2008a). Un concours de circonstance pour un décor haut en couleur. Dans Service des biens culturels (dir.). L’église Saint-Pierre à Fribourg (Patrimoine fribourgeois, no. 18, p. 30-37). Fribourg : Service des Biens culturels.

Rudaz, P. (2008b). Un grand peintre trop encombrant ?. Dans Service des biens culturels (dir.). L’église Saint-Pierre à Fribourg (Patrimoine fribourgeois, no. 18, p. 38-43). Fribourg : Service des Biens culturels.

Rudaz, P. (2008c). Une constellation d’artistes en arrière-plan. Dans Patrimoine fribourgeois (dir.) L’église Saint-Pierre à Fribourg. (Patrimoine fribourgeois, n°18, 2008, p. 44 – 53). Fribourg : Service des Biens culturels.

Sauterel, V. et Noverraz, C. (2020). Vitrail de la première moitié du XXe siècle : la couleur triomphante. Dans. F. Giese (dir.), La redécouverte de la couleur [catalogue d'exposition] (p. 101-114). Berlin, Allemagne : De Gruyter.

Schöpfer, H. (1994). Fribourg : Eglise paroissiale de Saint-Pierre. Inventaire du patrimoine religieux (IPR). Document inédit.

Thévoz, G. (1938, 28 novembre). [Lettre]. Archives de la paroisse Saint-Pierre, Fribourg.

Voragine, J. de (1902). Saint Philippe, apôtre. Dans La Légende dorée (traduit par J.-B. M. Roze, vol. 2, p. 34-35). Paris, France : Edouard Roueyre. Récupéré du site de l’Abbaye de Saint-Benoît : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/voragine/index.htm

Waeber, L. et Schuwey, A. (1957). Eglises et chapelles du canton de Fribourg. Fribourg, Suisse : Saint-Paul.

Exhibitions

21.06.2020–28.02.2021 : La redécouverte de la couleur, Vitromusée Romont

Image Information

Name of Image
FR_Romont_VCR_KF_838
Credits
© Vitrocentre Romont (photo : Yves Eigenmann, Fribourg)
Date
1996
Copyright
© Ayants droit

Inventory

Reference Number
KF_838
Author and Date of Entry
Augustin Pasquier 1998 ; Camille Noverraz ; Valérie Sauterel 2020
Version 1.3.1 Objects | Artists | Studios | Buildings / Institutions | Iconclass Codes