Vitrail non figuratif composé de verres oranges, jaunes et beiges.
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Vitrail non figuratif composé de verres oranges, jaunes et beiges.
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Vitrail au plomb
Ce vitrail a été réalisé par l'artiste Yoki en 1973, en collaboration avec le maître-verrier Michel Eltschinger, pour l'église Saint-Léger de Collonge-Bellerive.
La conception des vitraux s'inscrit dans le contexte de la rénovation de l'église, menée de 1970 à 1973 sous la direction de l'architecte Jean Riedlinger (Brulhart et Deuber-Pauli, 1993, p. 247). En juillet 1972, le donateur des vitraux, Jean Lombard, charge Yoki d'étudier un vitrail pour l'église dans un "style non-figuratif". En décembre, l'architecte Riedlinger présente à la paroisse une étude pour l'exécution des vitraux, avec quatre variantes. L'année suivante, en mars, ce dernier suggère à Yoki la réalisation de vitraux en trois registres, avec de simples losanges dans les parties inférieures et supérieures et un sujet au centre, ceci afin d'amener plus de clarté dans l'église. L'artiste présente ses maquettes à la paroisse en juillet (Riedlinger, s.d.). Les deux vitraux du choeur sont prêts les premiers, comme l'indique le curé Luisier dans un texte réalisé en vue des célébrations signant la fin des travaux et la réouverture de l'église, en septembre 1973 (Luisier, 1973, [n.p.]). Les autres seront posés pour la fin novembre 1973 (Riedlinger, s.d.).
Yoki réalise huit vitraux non-figuratifs, présentant une composition unique faite d'une juxtaposition de formes colorées aux lignes plutôt sinueuses. La solution proposée par l'architecte du découpage en trois parties a donc été abandonnée, sans doute pour des raisons financières, les verrières entièrement non-figuratives étant moins coûteuses que des vitraux avec des scènes figurées, même si celles-ci se limitent à un seul registre. Les teintes choisies sont assez claires, à l'exception des deux vitraux du choeur qui présentent des coloris chauds plus soutenus. Les procès-verbaux du conseil de paroisse révèlent qu'à la suite de la pose des deux vitraux du choeur, l'architecte Riedlinger aurait jugé les couleurs trop vives et demandé à l'artiste d'adoucir les tonalités des vitraux suivants, ce qui explique ces différences (Riedlinger, s.d.). Deux verrières comportent des médaillons avec des armoiries : celles de saint François de Sales et de l'Ordre hospitalier et militaire de Saint-Lazare de Jérusalem. Le choix de ces armoiries est défini en concertation avec le donateur de ces deux vitraux, Jean Lombard (Riedlinger, s.d.). En 1961, le Grand Prieuré suisse de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem établit son siège au Manoir de Bonvent à Bellerive, ce qui explique la volonté de rendre hommage à l'oeuvre de cet ordre, fondé pour le service des lépreux en Terre sainte et pour assurer la sécurité des pèlerins. Depuis 1772, il est devenu laïc et oeuvre pour l'unité entre chrétiens, l'assistance aux léproseries et le maintien d'un esprit chevaleresque (Luisier, 1973, [n.p.]).
Sans doute afin de limiter les coûts liés à la conception des vitraux, l'artiste ne réalise que quatre projets qui serviront de modèle pour deux vitraux, donnant des paires identiques tant au niveau des formes que des coloris. Cette solution n'est pas rare dans la production abstraite de Yoki, comme le démontrent les vitraux de l'église Sainte-Anne de Châtel-Guyon (par exemple YOK_629 ; YOK_631), de la Sainte-Trinité des Montets (YOK_78 ; YOK_80) ou encore de la chapelle des Soeurs de Saint-Canisius à Fribourg (par exemple YOK_480 ; YOK_486). À Collonge-Bellerive, la facture finale de Yoki se monte à 9500 francs pour les huit vitraux (Riedlinger, s.d.), ce qui constitue un montant assez modeste.
Armand Brulhart et Erica Deuber-Pauli, “Collonge”, in Ville et canton de Genève, coll. “Arts et monuments”, SHAS, Berne, (1ère éd. 1985) 1993, p. 247
Luisier, A. (1973, septembre). 16 septembre 1973. Une date pour la paroisse de Collonge-Bellerive. Vie chrétienne à Collonge-Bellerive [mensuel paroissial], (9), [n.p.].
Riedlinger, C. (s.d.). Eglise de Collonge-Bellerive. Vitraux. P.V. du Conseil de paroisse [notes manuscrites inédites]. Archives de la paroisse de Collonge-Bellerive.